Un calme précaire règne actuellement au Cameroun après quelques jours de violences suite à la grève des transpoteurs, grève qui par la suite a tourné en une revendication socio-politique consécutive à l´augmentation du prix des denrées alimentaires, à la baisse du pouvoir d´achat des camerounais et enfin à l´appel lancé par une poignée de camerounais pour proner la modification de la Constitution dans le but de permettre à l´actuel président de la republique de pouvoir se représenter aux prochaines élections présidentielles.
Après un discours d´une fermeté sans pareille, le président Biya a affirmé sa volonté de faire régner l´ordre par tous les moyens légaux dont dispose l´Etat, et sachant que le monopole de la violence appartient à l´Etat, il n´est pas a douter que tout sera fait pour qu´un calme definitif revienne sur l´ensemble du territoire.
Mais pour que ce calme puisse prendre racine, il faudra pour un premier temps éviter les sujets qui brûlent, il faudra prendre soin de ne pas exacerber les tensions et les rivalités qui sommeillent encore chez beaucoup d´individus. c´est dire que la retenue doit être observée de toutes parts pour que la "paix des braves" puisse être solide.
Mais hélas c´est sans compter sur l´immaturité et la nonchalence politique de ceratins individus pour qui l´histoire et l´actualité ne sont que des faits divers sans grande importance. Car comment comprendre la déclaration des forces vives du Mfoundi co- signée par une trentaine de personnalités de la republique dont le ministre en charge de la Santé publique André Mama Fouda appellant a bouter hors de Yaoundé tous ceux qu´ils jugeront indésirables? comment comprendre que des individus s´octroient dans une republique le droit de se faire juges et gendarmes?
L´appel de soutien au Président Biya faite par certaines élites du Mfoundi n´est absolument pas un acte repréhensible, étant dans une démocratie, chaque individu a le droit d´adresser des dithyrambes á qui bon lui semble c´est même le mode de fonctionnement normal d´une démocratie, ce qui choque dans cette déclaration, c´est plutôt la rhetorique utilisée qui laisse a désirer. Les termes utilisés sont d´une violence inouie et qu´on ne nous dise pas que la déclaration ne véhicule pas l´esprit et la lettre de ses signataire, car il ne s´agit pas ici d´une missive écrite par un individu au cursus scolaire éphémère ou douteux, mais plutôt d´une déclaration qui survient après un debat sûrement animé par un groupuscule ayant peut être tous les défauts sauf celui d´un manque de savoir académique, ce qui veut tout simplement dire que chaque mot a été choisi minutieusenent de facon a presenter sans équivoque la pensée profonde des signataires. La déclaration affirme par exemple que "Nous invitons fermement tous les prédateurs venus d´ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. car ils n´y seront plus jamais en sécurité."
cette seule phrase mérite que l´on s´y attarde ; pour les signataires de la déclaration les fauteurs de troubles viennent d´ailleurs, ce qui est a prouver car personne n´est a mesure dire avec certitude qu´auqu´un enfant du Mfoundi ne faisait partie des „prédateurs“; il s´agit ici d´un délit de faciès caractérisé car a partir du moment ou´il ya „casse“ à yaoundé, nul n´est besoin de faire une enquête, les coupables etant dés lors trouvés d´avance: ce sont les „autres“. ceci nést pas nouveau, c´est juste de la "justice populaire", rien de très grave après on pourra toujours faire appel aux "escadrons de la mort" au cas ou...joli programme en perspective
Une autre petite phrase de la déclaration fait frémir et laisse augurer de très mauvais moment aux „allogènes“ de Yaoundé . Les autochtones se sont de manière unilatérale substitués á l´Etat et se sont accaparés du monopole de la violence que détient l´Etat, désormais ils „repondront aux coups par coups. A partir de maintenant, oeil pour oeil, dent pour dent“. Ca y est nous sommes retombés à l´époque de la loi de talion qui est un prolongement de l´etat de Nature tel que décrit par les philosophes, la justice institution souveraine n´a plus sa place et est remplacée de facto par la vindicte des signataires de la déclaration. On se retrouve ainsi dans un Etat de non droit qui ne peut que faire penser au pire.la substitution de la police par des milices tribales devient droit de cité, c´est le retour à la barbarie.
L´histoire du Rwanda ,de la Côte d´Ivoire et du Soudan n´a sûrement a aucun moment traversé l´esprit de ces personnes, la réthorique identitaire est de nos jours le déclencheur des conflits de toutes sortes. L´unité nationale jadis slogan du cameroun laisse place maintenant a un discours communautariste, pronant la division et la haine. Ce discours doit prendre fin et assez rapidement, le Cameroun ne doit pas voir sa politique intérieure dictée par des personnes imbues d´ambtions égoistes. L´exercice de la violence appartient exlusivement à l´Etat qui l´exerce de manière aveugle et comme le président Biya l´a dit dans son dernier discours, „Force reste la loi“. Le préambule de la Constitution camerounaise qui fait partie intégrante de la Constitution stipule que“ nul ne peut être poursuivi, arreté ou déténu que dans les cas et selon les formes détérminées par loi, plus loin il est ecrit que Nul ne peut être inquiété en raisons de ses origines“. Aller à l´encontre de ces dispositions c´est aller contre la constitution donc c´est enfreindre la loi et tout acte qui ne respecte pas la loi est repréhensible. La justice doit donc s´occuper de ce cas de voilation patente de la constitution, mais avant toute chose, il conviendrait que Mr André Mama Fouda ministre de la Santé publique de la republique qui est censé oeuvrer pour le bien être de tous les Camerounais demande des excuses publiques et tire lui même les conséquences de son communautarisme.
De plus, les medias ayant vehiculés l´appel de ce groupuscule devront rendre des compte aux ministre de l´administration territoriale et de la communication car un sujet aussi sensible ne doit pas être publié comme un paquet poste car mettant en danger l´harmonie des populations du Cameroun. Les conséquences desastreuses des medias de la Haine „radio mille collines“ et autres quotidiens ivoiriens doivent être constament présentes dans nos esprits car il suffit de peu pour que l´Etat Nation en construction chez nous se désagrège. Chaqe Camerounais devrait se sentir chez lui sur toute l´étendue du térritoire et doit aussi être solidaire de ses compatriotes, la tolérance, le respect et l´amour de la patrie sont le fondement d´un véritable Etat- Nation.
PS la déclaration des forces vives du Mfoundi n´engagent que ses signataires
Armand kamdem
Etudiant en sciences politiques